mardi 17 octobre 2017

Echo de l'Antiquité

Une expo/évènement au Louvre-Lens du 13 septembre au 15 janvier 2018
Gallerie d'exposition temporaire


Avec la musique comme fil conducteur, embarquez pour un voyage inédit et passionnant à la découverte des grandes civilisations de l'Antiquité : l'Orient, l'Égypte, la Grèce et Rome.
Miraculeusement préservés, des vestiges d'instruments de musique, des bribes de notations musicales et de magnifiques représentations de musiciens nous mettent à l'écoute de 3000 ans d'histoire. Des tablettes mésopotamiennes aux reliefs monumentaux romains, en passant par les papyrus et sarcophages égyptiens ainsi que les vases grecs, l'exposition rassemble près de 400 oeuvres d'une grande diversité. Pour la première fois, découvrez des mondes sonores à jamais disparus et écoutez le plus ancien chant connu à ce jour dans le monde !


Le propos de l'exposition 
Dans les sociétés anciennes, la musique est omniprésente. L'exposition « Musiques ! Échos de l'Antiquité » invite à parcourir, en suivant ce fil conducteur, quatre aires culturelles majeures de l'Antiquité : l'Orient, l'Égypte, la Grèce et Rome.
Le cheminement permet de découvrir que la musique est partout adossée au pouvoir. Présente sur les champs de bataille, elle résonne également dans les temples ; elle est l'auxiliaire du sacré et ses effets magiques dépassent le seul plaisir esthétique de l'audition.
L'enjeu de cette exposition est de faire connaître l'importance de cet extraordinaire patrimoine musical et de montrer la diversité de son usage culturel, de l'Iran à la Gaule. Grâce aux riches apports de la recherche actuelle, elle vise à recomposer les paysages sonores de chaque culture, c'est-à-dire l'ensemble des sons alors perçus et leur interprétation.
la suite ICI


le livret de visite ICI
le dossier pédagogique ICI

un numéro spécial de la revue Dossiers Archéologie ICI



lundi 9 octobre 2017

Eugène Gervais, chansonnier dunkerquois

mise à jour le 9 octobre 2017 : ajout d'une vidéo et du texte intégral de l'article de 2011




GERVAIS Eugène, Auguste, Félix, Dunkerque 1879 / Rosendael 1939
À seize ans, il remporte le 1er prix du concours de déclamation organisé par la Société Dunkerquoise d’Histoire et de Géographie en récitant un poème de son père décédé 2 ans plus tôt. Orphelin il est recueilli par ses grands-parents maternels. En 1900 le Nord Maritime publie un de ses poèmes Je suis l’amour. À partir de 1903 le journal local publie régulièrement ses textes (poésies et chansons). En 1905 il participe à la création du cabaret Au Peudre d’Or, ce cabaret d’inspiration montmartroise se distingue de l’original parisien par l’usage du parler dunkerquois, mais cette expérience ne dure que deux saisons. Cela suffit à Eugène pour acquérir une réputation de chansonnier qu’il exploite en devenant chanteur ambulant pour interpréter ses productions, et les vendre, devant le public dunkerquois et même au-delà. La B. N. conserve plusieurs de ses petits formats aux titres évocateurs : La jolie et délicate boulevardière, les jolies filles de Bergues, la pêche au peudre, Les jolies filles de Bourbourg, Titine ou la môme des lascars, C’veintje y sait rien faire, etc. En parallèle, il fréquente le milieu anarcho-syndicaliste* dunkerquois et publie ses textes sous le pseudonyme Jehan La Guigne dans le Journal des Syndiqués et dans La Défense Sociale (sous titré journal révolutionnaire dunkerquois).
Après la guerre, il épouse Louise THIRY et trouve un emploi à l’Usine des Dunes, mais la crise frappe aussi à Dunkerque, il est licencié en 1929, ensuite il exerce divers métiers : peintre en bâtiments, camelot, placeur de billet de tombola, etc. Après une courte maladie, il décède en mars 1939. L’année précédente il avait enregistré sur cire des poèmes de son père sur un stand de la foire de Dunkerque. Ces disques ainsi que ses manuscrits, qui avaient échappé aux bombardements, étaient conservés dans la campagne flamande, hélas ils sont détruits au cours d’un déménagement à la fin des années 1950…

* pour plus d'infos sur ce mouvement dans le Nord et le Pas de Calais, voir la biographie de Benoit Broutchoux



Une biographie plus détaillée a paru dans le volume 44 de la Revue historique de Dunkerque et du Littoral, publié en janvier 2011 par la Société Dunkerquoise d'Histoire et d'Archéologie
elle est aussi disponible ICI




collection personnelle




Vers la fin de la crise économique
ou Le rêve d'un chômeur
Chantée par Maryse Collache-Rouzet, dite Marieke
accompagnée par Albert Creton



Gloire aux ouvriers (1906)
rend hommage à deux des rescapés de la catastrophe de Courrières
Charles Pruvost et Henri Neny
collection personnelle
(merci à Michèle L. qui m'a offert ce document)


*****


Toutes les paroles de ses chansons
avec celles de son prédécesseur Hippolyte Bertrand (1830-1902)

    

18.397 consultations ! au 1/6/2013




le même chez Calameo

Liste des chansons d’Eugène Gervais et Jehan La Guigne
celles marquées d’une * sont dans la publication ci-dessus

Adieu méchante – 1906
L’affaire Jeanne Weber – 1908
Al a perdu son peule – 1906
L’alcoolique – 1906*
L’amour dans l’sac – 1907*
Baiser de Ninon – 1906
La bande des pêcheurs – 1903*
Un berguois assassin – 1907*
La bière de chez nous – 1912*
La catastrophe du Pluviôse – 1910*
Ce que chantent les flots – 1911*
C’veintje y sait rien faire – 1907*
La chanson des archers du Nord – 1910*
La chanson des bécots – 1906
La chanson de Lucienne – 1907*
La chanson des P.T.T. – 1912*
Les chapeaux – 1909
Le charnier – 1903*
Chère bonne amie – 1906*
Le cinéma du Maritime – 1909
La collision de tramways – 1909
Les combats de coqs – 1903*
Complainte des bandits des Flandres – 1910*
Le crime et la fin de Favier – 1911*
Le démon de l’alcool – 1912*
Donne un zo… à mon oncle Co – 1938*
La ducasse de Dunkerque – sd*
Dunkerque, ah ! mes amis !! – 1907*
Dunkerque vivant – 1903
Une entrée chez les fauves – 1903*
Goûtez-y – 1909
Les héros du Iéna – 1907
Une histoire d’amour au bord de la mer – sd*
L’horrible crime d’un satyre – 1907
Humbles fiançailles – 1913*
L’impôt sur le revenu – 1907*
Invitation au cake walk – 1904
J’couche à l’cantin’ del fosse – 1919*
Je suis l’amour – 1900*
La jolie et délicate boulevardière – 1906*
Les jolies filles de Bergues – 1906*
Les jolies filles de Bourbourg – 1906*
Un joyeux rêve – 1907*
Juleutche, c’est un frère – 1906*
La jupe culotte – 1911*
La langue – 1906
Le marchand de journaux – 1914*
La marche des p’tites bonnes dunkerquoises – 1906
Maritche elle a perdu son peule – 1927*
Marie-toi à c’t-heure – 1905
Les midinettes dunkerquoises – 1905
Le monument Trystram – 1911
La muse à l’école – 1912*
La muse des corons – 1919*
La muse et le chansonnier – 1935*
Le naufrage du St-Philibert – 1931
Une nuit au cotche – 1907*
Le nouveau minck – 1909
Oui, j’adore la muse – 1903*
La pêche au peudre – sd*
La pêche des Islandais – 1910*
La petite amie – 1913*
Les petites couturières – 1903
Les petites femmes de Dunkerque – 1904
Le peudre de Cythère – 1905
Le pinson chante – 1912*
Plaisirs et prudence – 1905
La pluie d’une nuit d’été – 1908*
Le portrait de la dunkerquoise – 1913*
Posez là votre plume… – 1915*
Quand on s’fréquente – 1906
Quand tu seras vieille – 1905
Les rats dans la tranchée – 1916
Le refrain de la bande des pêcheurs – 1907*
Le régiment des joyeux drilles – 1911*
Le retour de Mimi Pinson – 1912*
Retour du cœur – 1905*
Le rêve du matelot – 1913*
Le riches – 1905
Rirette – 1913*
Le roman d’une petite cochère parisienne – 1907*
La ronde des milliards – 1930*
Les satyres sont graciés – 1907
Supplique d’amant – 1904*
Sur la dune, le soir – 1913*
T’as une loque – 1905
Titine ou la môme des lascars – 1906*
Tous dans la verscherbende – 1907
Vas laver tes yeux – 1904
Verdun – 1920*
Vers la fin de la crise – 1936*
La vie des tranchées – 1916
La vieille fille – sd*
Les vieux copains – 1906
Les 28 jours de Gervais – 1906
Les vivants de Courrières – 1906
Voilà la verscherbende qui passe – 1911
Le vol de Paulhan – 1909*


Les chansons d'Hippolyte Bertrand

A la tienne mon vieux
Allume-toi ma cigarette
Les artistes nitrateurs
Le batelier amoureux
La belle aux coupons à bon marché
Le boucher et la boulangère
Carnaval 1894
Le carnaval de Dunkerque
Carnaval de Dunkerque 1893
Le carnaval de Dunkerque 1895
La dévaliseuse de saucissons à la halle
L'enfant martyr de Cappelle
Les exploits d'une cartomancienne
Le fraudeur des sous de La Plata
L'incendie de Coudekerque-Branche
La leçon de natation
La laitière de Coudekerque dans l'embarras
La Marie Bataillon de Bergues
Ousqu'est Saint-Nazaire ?
Pauvre enfant martyr
Le petit Panama ou le nitrate en détresse
La petite Jeanne ou l'enfant martyre de Saint-Pol-sur-Mer
Le tram-car de Dunkerque à Rosendael
Si les filles savaient !
Vivent les enfants de Jean Bart

samedi 9 septembre 2017

Katrien Delavier - Hempson

mise à jour le 12/9/2017 : nouveau lien de téléchargement + la vidéo



Denis Hempson



Un entretien fait au début des années 1990 à propos de la genèse du groupe Hempson. Ce groupe a été créé à l’initiative de Rachelle Delahaye (Riouah) pour une commande d’un centre culturel de la région parisienne.
Le répertoire choisi est en majorité basé sur le collectage d’Edward Bunting réalisé lors du festival de Belfast en 1792, ce musicien avait noté tous les airs interprétés et particulièrement (avec l’accompagnement original) ceux joués par Denis Hempson, ou Hampson (1695-1807), dernier harpiste défenseur de la tradition de la harpe ancienne à cordes métalliques.
Elle évoque aussi les difficultés du jeu en groupe pour des musiciens qui ne se connaissent pas et ses recherches sur le jeu ancien de la harpe à cordes métalliques.

l'entretien :




Le son seulement  ICI   (nouveau lien)

un extrait de l'album :



Les carnets de notes de travail manuscrites d'Edward Bunting sont en ligne ICI



un article de Stephan Lemoigne paru dans Harpe Mag n°15




mardi 29 août 2017

Léon Déplanque 1896-1966

mise à jour le 29 août 2017 : la vie parisienne de Léon

Le chanteur des rues héninois



Collection personnelle

La revue Nord France de 1953 a recueilli le témoignage d’un des derniers chanteurs ambulants de la région.
Il est né à Hénin Liétard en 1896, fils de Denis, houilleur, et Augustine DESRUELLES. Il débute à l’âge de 8 ans dans les ducasses de la région. Dans les années 1920, accompagné de l’accordéoniste Jules Donte de Loos-les-Lille, il parcourt le Nord et le Pas de Calais en proposant ses chansons sur les marchés et les places des grandes villes. Elles ont pour thème des faits divers : Le crime de Loos (1925), Le satyre d’Haubourdin (1929), Le bandit Dartois (1924), Le crime de Rouvroy-Nouméa (1934) ou la catastrophe de Courcelles-les-Lens (1929) ; ou sur des sujets moins tragiques : Vie en ménage (1922), Ah ! les belles-mères (d'autres exemples ici) ou d’actualité : Les nouviaux impôts (1928), Les glorieux défenseurs de Paris, Les chansons de la victoire, Hommage au peuple français, Oradour - vision d’horreur * (son plus grand succès, tiré à 475.000 exemplaires).
Sa fiche matricule nous révèle quelques nouvelles informations. D'abord un bref séjour en Belgique en 1930, à Wavre, il revient à Montigny en Gohelle puis à Hénin Liétard en 1931. Il déménage ensuite dans la région parisienne à Colombes en 1933, puis à Argenteuil en 1934, mais revient à Hénin Liétard en 1936. Est-ce durant cette période qu'il entre en contact avec la chanteuse MISMARGUETT ?, le sosie de Mistinguett, qui interprète ses chansons : Les Femmes d'aujourd'hui ou les temps modernes, Patience ça ira mieux, Faut faire la queue mesdames !, Le cocu content ou le ménage moderne et Pauvre bidoche ou 60 grammes de viande par semaine, sur l'air "connu" Si petite : Je te vois dans mon plat si petite / Si petite, ô ma bidoche, celle-ci créée par Maryss-Lyd dans les Concerts et Music-Hall Parisiens, probablement pendant la guerre.

Collection personnelle


Le développement de la radio et du cinéma porte un coup fatal à cette corporation, il abandonne le métier après la guerre et se retire à Lens. Il décède à Billy Montigny en 1966. Son fils Léon (1920-2005) a exercé pendant quelques années le métier de chanteur comique sous le pseudonyme de Léo MAX.

Léo Max
Collection personnelle

Dans les collectages on retrouve souvent ces chansons colportées par des chanteurs de rue, elles faisaient partie du répertoire des chanteurs amateurs qui animaient les réunions de famille. Souvent on les prend pour des chansons traditionnelles. Pour moi elle font partie de la culture populaire, surtout, comme ici, quand leur auteur n’est pas un lettré.

Christian Declerck

* lire en complément Oradour-sur-Galne, ultime exemple d'une tragédie chansonnée ?, par J.-F "Maxou" Heintzen, in D'onte ses ? D'où es-tu ?, revue du Cercle Généalogique, historique et Héraldique de la Marche et du Limousin, à paraître courant 2016

Téléchargez la copie de l'article ici NOUVEAU LIEN


Léon Déplanque à la batterie
Collectionpersonnelle




collection personnelle


collection personnelle


Je possède plusieurs de ses partitions avec les paroles sur un timbre à la mode
- Allons… Proserpine ?, sur l’air Avec ça mam’zelle
- L’amour… au cinéma, sur l’air Un air américain
- La chanson des malheureux, sur l’air Une chanson dans la nuit
- L’cocu contint, satisfait et battu, en patois héninois, sur l’air La faute à papa
- Le cocu content ou le ménage moderne, air connu
- Le dernier baiser d’une mère, sur l’air Du gris
- Faut faire la queue mesdames !, air connu
- Les femmes d'aujourd'hui, air connu
- Les femmes et la mode ou L’envie de toilette, sur l’air Lison Lisette
- Hommage à l’armée rouge ou les vainqueurs de Berlin, sur un air connu
- Je n'veux pas marcher, sur l'air Fi…fine, Fi…fine
- Joséphine aussi ou Elle fait toujours comme moi, sur l’air Marguerite aussi
- Lison la rouge ou La femme à tout le monde, sur l’air Paris
- La marche Franco-Russe, La glorieuse avancée de l'Armée Rouge sur Berlin, air connu
- Les nouviaux impôts, en patois héninois, sur l'air La robe à carreaux
- Ne frappe plus maman ou Cœur de gosse, sur l’air Cœur de lilas
- Gloire à l'armée rouge, au vaillant peuple soviétique ! Sauveur du monde !, air connu
- On nous avait promis, sur l'air La valse des mouches
- Oradour, vison d’horreur ou Ils ont tué mon père, sur l’air Le chant du guardian
- L’orphelin ou Le bon cœur d’un mutilé, sur l’air On m’appelle Frisson
- Pardonne ma jolie, musique de Jules Donte
- Pauvre bidoche ou 60 grammes de viande par semaine, air connu (Si petite)
- Pauvres enfants de la misère ou Les petits fils d’ouvriers, sur l’air Le sourire d’une femme
- Pauvre maman, tiré des films russes « Arc en ciel » et « Camarade ». « Cette chanson est dédiée aux vaillants partisans de la grande Russie, pour leur courage héroïque pendant la guerre contre les assassins nazis tueurs de femmes et d’enfant. » sur un air connu
- Patience, ça ira mieux, air connu
- Pour sa mère mourante, sur l’air Quand on a le bonheur d’être aimé
- Le p’tit béguin, sur l’air Ferme la porte
- Rendez-moi ma maman (la lettre d’un petit garçon à l’amant de sa mère qui abandonna père et enfant), sur l’air Quitte Paris
- Souviens-toi du passé, sur l’air Tu voudrais me voir pleurer
- V’là l’bon tuyau ou Prenez garde à l’amour, sur l’air Choisi Lison
Une copie des paroles est à votre disposition sur simple demande

jeudi 17 août 2017

Les sœurs Dalmasso, à La Bassée et Hulluch

Un témoignage détaillé des débuts de la pratique de l'accordéon dans le milieu ouvrier pendant l'entre deux guerres, en Nord-Pas de Calais.


Fany, Adeline et Pierrine Dalmasso
collection personnelle


Mon père était arrivé de son village natal du Haut-Piémont, directement dans le Nord de la France, vers les années 1920. Le pays avait été terriblement sinistré et dévasté par quatre ans de guerre. On embauchait car il fallait réparer les pots cassés et reconstruire. Dès que possible, papa fit venir maman et ils fondèrent un foyer. Ils eurent quatre filles. C'est ainsi que cela avait commencé. Maman avait ouvert ce que l'on appelait alors une cantine. Aidée d'une voisine, elle préparait et servait des repas à tour de bras à toute la petite colonnie italienne de Salomé et La Bassée. Après quelques années, mes parents achetèrent un petit café à Hulluch (62). Nous étions les « seuls » Italiens des environs. Nous allions à l'école de cette ville dirigée par madame Prum et qui faisait aussi fonction d'institutrice. Nous manquions les cours souvent les lundis, parfois les mardis, car nous jouions de la musique dans les ducasses qui se font de Pâques à septembre. Il faut dire que papa avait décidé de nous faire apprendre la musique afin que nous en fassions plus tard notre métier. Vers les 5 ans et demi pour moi, et 7 ans pour Linette, nous avons commencé l'étude du solfège. Un an plus tard, j'ai acquis mon premier violon et Linette son premier accordéon. Quand notre jeune soeur Fany a eu l'âge, papa l'a mise à la batterie […]

la suite ICI


En complément, 4 partitions extraites de ma collection



Deux compositions des sœurs Masso, éditées par Eden à Lille, vers 1950
André Bellengé était journaliste à Nord-France


Valse des Papillons de Maison-Emery
le grand succès de Mlle Aline Dalmasso

Parfum d'Aventure de V. Marceau
à Mlle A. Dalmasso, virtuose accordéoniste



D'autres photos d'orchestres d'accordéon ICI


mardi 15 août 2017

Trophée capitaine Hayet 2017

Mise à jour le 31 août 2017 : ajout vidéo de Jean-Jacques Révillion + vidéo OPCI



à virer au cabestan
photos : Maiwenn Briend


La septième édition du concours de chants de marins organisé par l’Office du Patrimoine Culturel Immémoriel a eu lieu cette année à Boulogne sur Mer durant la première journée de la fête de la mer organisée tous les 2 ans. Après St Gilles Croix de Vie (1998), Paimpol (1999), Douarnenez (2000, 2002), le Golfe du Morbihan (2015), Sète (2016), c’est Boulogne sur Mer qui accueille l’événement.
Le concours s’est déroulé le 13 juillet 2017 de 11 h à 18 h sur le quai Napoléon et a permis d’écouter 40 chansons, dans les 5 catégories proposées (Complaintes et chants de veillée, chants de travail, chants à virer au cabestan ou au guindeau, chants à danser, chants à hisser) et a vu défiler des groupes, duos ou solistes venant de Bretagne, de Normandie, de Vendée, des Hauts de France, et même de la Guadeloupe…

Les matelots des Soleils Boulonnais

Ce Trophée, qui porte le nom d’un des premiers collecteurs de chants de marin, le capitaine Hayet comporte un jury de spécialistes du genre, présidé cette année par Patrick DENAIN, du groupe « Marée de Paradis » et récompense 8 lauréats qui se voient remettre chacun un bateau en bouteille, travail de matelotage réalisé « à l’ancienne » par un spécialiste du genre, Henri RANNOU.
Le trophée de Boulogne était dédié à Michel LEFEVRE (voir en bas de page), membre du groupe folklorique « les Soleils Boulonnais ». Et pour cause : ce Monsieur a effectué depuis son départ en retraite et jusqu’à sa mort survenue en février 2014 un remarquable travail de collecte des chants traditionnels du Boulonnais.
Les locaux de l’étape boulonnaise se sont plutôt bien comportés puisque 4 trophées ont été attribués à des groupes ou solistes régionaux : en effet, les matelots et matelotes des Soleils Boulonnais (Boulogne sur Mer 62), la chorale de l’Ecole d’apprentissage Maritime (Grand Fort Philippe 59), La Bricole (Lille 59), et Jean Jacques Révillion (Cappelle en Pévèle 59) ont été récompensés, ce qui représente la moitié des trophées proposés. Et puisque nous sommes sur un Blog intitulé « archives du folk 59-62 », permettez moi de revenir sur le répertoire régional interprété à cette occasion :

- Les matelots des Soleils Boulonnais ont chanté « sur le corsaire de Boulogne nommé le Furet », un chant tiré d’un cahier de chanson manuscrit d’Auguste LAFOIREZ, de Boulogne retrouvé par Michel LEFEVRE. Commencé le 3 septembre 1798, ce recueil comporte 72 textes. Cette chanson a été publiée dans « le camp de Boulogne en chansons » en 2002.

Les matelotes des Soleils Boulonnais

- Les matelotes des Soleils Boulonnais ont, quant à elles, interprété « M’tit marchann ed’ pichon », paroles et musiques de Michel LEFEVRE, qui ne se contentait pas de collecter mais était lui aussi chansonnier !
- La Chorale de l’Ecole des apprentissages Maritimes a chanté « Partons la mer est belle », dont Michel LEFEVRE a collecté deux versions, l’une boulonnaise, et l’autre étaploise, publié dans son  recueil « Chants de Marins de la Côte d’Opale » publié en 2004.

La Bricole

- La BRICOLE , groupe composé de Vincent BRUSEL (chant, mandoline), Julien BIGET (bouzouki) et Olivier CATTEAU (accordéon diatonique) remplacé pour la circonstance par Margaux LIENART (violon) a chanté « le chant des quatre prisonniers », du cahier de chansons d’Auguste FOURNIER, d’Etaples, et publié par… Michel LEFEVRE dans son ouvrage « Chants de Marins de la Côte d’Opale ».


Jean-Jacques Révillion

- Jean-Jacques REVILLION a interprété « La belle Hollandaise », chanson flamande publiée en 1939 à Bruxelles par le Dr Jan BOLS qui l’a recueillie auprès d’un marchand de pipes ambulant originaire de Poperinge (B). En flamand à l’origine, elle a été traduite en Français par Jacques Yvart et Raymond Declerck (qui n’est autre que le père de Christian bien connu pour être le créateur de ce blog)
Mais on a aussi entendu chanter lors du trophée par un groupe extra régional (femmes de marins) « Marcherot de Dunkerque », qui n’est autre que le célèbre « Ali Alo pour Machero » collecté a Dunkerque par Edmond de Coussemaeker au XIXe siècle…
N’oublions pas de préciser pour finir que ce trophée a été présenté et commenté toute la journée par l’infatiguable Michel COLLEU, grand collecteur et connaisseur du répertoire de chant de marin, directeur de l’OPCI, et membre du groupe « l’Armée du Chalut ». Il a aussi organisé et animé le stage de chants de marins qui s’est déroulé les 10 11 12 juillet, et qui de l’avis général, fut un grand moment de partage.

Le 27 juillet 2017
Jean Jacques Révillion.





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les gagnants 2017



Palmares de la 7e édition
du trophée capitaine HAYET

Jeudi 13 juillet 2017 
L’édition 2017 du Concours de chants de marins Trophée Capitaine Hayet a eu lieu dans le cadre de la fête La Côte d’Opale fête la mer à Boulogne-sur-Mer. Organisé par l’OPCI et accueilli dans le cadre de la neuvième édition de la grande fête maritime qui se tient tous les deux ans à Boulogne-sur-Mer le Trophée Capitaine Hayet 2017 s’est déroulé sur le quai du bassin Napoléon. De 11h à 18 h. Il a permis d’entendre 40 chansons, réparties dans les cinq épreuves du concours : « Chants de ports, de veillées et de gaillard d’avant », « Chants des travailleurs de la mer », « Chants à danser », « Chants à virer au cabestan », « chants à hisser », et présentées par les concurrents 2017. Les groupes : Vareuses porteloises, Vent de Noroise, Les matelottes des Soleils Boulonnais, Les Matelots des Soleils Boulonnais, L’air Hâleur, Barachois, Tricorne, Dao Dao, Chorale de l’Ecole d’Apprentissage Maritime, La Bricole, Les Bons z’Enfants d’Etaples ; et les chanteuses et chanteurs : Mireille Hacquet, Marie-Geneviève Rano, Benoît Lemiègre, Eric Courville, Raymond Phuez, Césaire Berchel, Felipe Uribe.
Le jury 2017 était composé de Patrick Denain (Fécamp), Pascal Servain (Fécamp), Geoff Kaufmann (Mystic Seaport, USA), Antoine Quaguebeur (animateur à Radio Uylenspiegel, Cassel), Gaël Rolland, (Rennes), Bernard Subert (Parthenay). Les prix du Trophée étaient huit bateaux en bouteilles réalisés et offerts par un des maîtres du genre : Henry Rannou, de Quimperlé. Le Trophée a été présenté par Michel Colleu de l’Office du Patrimoine Culturel Immatériel, association organisatrice du Trophée. 
Voici les gagnants de l’édition 2017 : 
- La Bricole (répertoire du Boulonnais) 
- Les Soleils Boulonnais (Boulogne-sur-Mer, 62) 
- Chorale de l’Ecole d’Apprentissage Maritime (Grand-Fort-Philippe, 59) 
- Césaire Berchel (Paris, répertoire de Guadeloupe) 
- Jean-Jacques Revillion (Cappelle-en-Pevélle, 59, répertoire de Flandre) 
- Eric Courville (Ingre, 45, répertoire de Normandie) 
- Raymond Phuez (Douarnenez, répertoire de Cornouaille) 
- Marie-Geneviève Rano (Le Sel-de-Bretagne, 35) 
Deux prix spéciaux ont été attribué : à Felipe Uribe, de Bilbao (Pays basque) : prix d’encouragement à ce jeune chanteur, et à Geneviève Rabanit : prix pour l’originalité du répertoire (complainte du Havre). 
Le Trophée Capitaine Hayet s’est tenu aux Fêtes du chant de marin de Saint-Gilles-Croix-de-Vie (1998) et Paimpol (1999), aux fêtes maritimes de Douarnenez (2000, 2002), à la Semaine du Golfe (2015), à Escale à Sète (2016). Au-delà de la grande diversité des ports qui ont accueillis ce concours, chaque édition a eu ses spécificités. L’édition 2017 a été particulièrement riche en complaintes, sans oublier les chants à virer, menés autour du cabestan de l’association Phare-Ouest (de Cancale) installé pour l’occasion. 
Renseignements complémentaires auprès de Michel Colleu, OPCI, 06 34 96 03 13 
Le Trophée Capitaine Hayet 2017 a été organisé par l’OPCI avec la participation de La Ville de Boulogne-sur-Mer, organisatrice de la fête, et la Fédération Régionale pour le Patrimoine Maritime Nord-Pas-de-Calais / Picardie, partenaire d’organisation de la fête La Côte d’Opale fête la mer à Boulogne-sur-Mer. Avec le soutien de la revue Chasse-Marée

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Trophée Capitaine HAYET, 2017 à Boulogne sur mer
hommage à Michel LEFEVRE (1932-2014)

Michel Lefèvre
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Natif de Saint Martin Boulogne et cadre bancaire, Michel LEFEVRE se passionne très tôt pour la musique populaire traditionnelle. Membre de l’harmonie municipale de Saint Martin Boulogne pendant de nombreuses années, ainsi qu’accordéoniste du groupe folklorique alsacien de Lingolsheim; de retour en retraite à Boulogne, il décide de se consacrer au collectage des chansons et musiques populaires de la Marine du Boulonnais, en commençant par la famille étaploise de son épouse Paulette LAMOUR. A la recherche de textes et partitions, il fréquente toutes les brocantes de la Région et explore les archives encore inexploitées de plusieurs bibliothèques dont en premier lieu celle de Boulogne sur mer. Toutes ces recherches ont abouti à la publication de nombreux ouvrages, qui sont venus enrichir un pan considérable de la mémoire collective des Boulonnais : en 1989 puis en 1990 Chants, hymnes et danses du Boulonnais du XIIIes à la période contemporaine, le cahier Chants de marins de la mer du Nord et de la Manche édité par la revue nationale Le Chasse Marée.
Michel LEFEVRE met ses recherches à la disposition de groupes et artistes mieux à même de les interpréter : Patrick DENAIN du groupe Marée de Paradis, Philippe BOULFROY, Marc GOSSELIN, Jean-Jacques REVILLION, La Maisnie Nostree, Amuseon, Vincent Brusel et La Bricole, les Bons Z’Enfants d’Etaples et bien sûr l’AMTPB et son groupe folklorique Les Soleils Boulonnais. Michel LEFEVRE fournira à ce groupe l’essentiel de son répertoire de chants et de musiques pour les danses, tout en le dirigeant en chants et l’accompagnant comme accordéoniste les premières années. De leur riche collaboration, quatre CD seront enregistrés, dont certains titres dont il est l’auteur-compositeur sont désormais entrés dans le patrimoine musical boulonnais : El vin is lèv, les chevaux boulonnais…Auteur de l’ouvrage Le patois des quartiers et des faubourgs, pendant dix ans de 1989 à 1999, sous l’égide l’AMTPB, Michel LEFEVRE a également enseigné tous les mercredi soir dans les locaux du conservatoire de Boulogne, le patois boulonnais, dans la seule expérience à ce jour d’école de patois dans notre ville. Il a également collaboré de nombreuses années aux travaux de la Société Académique du Boulonnais, qui a publié nombre de ses recherches (notamment corsaires boulonnais et prisons anglaises de 1812-1813). Avec le temps, on se rendra compte que le travail de Michel LEFEVRE pour la musique boulonnaise a été aussi important que celui que fit en son temps Ernest DESEILLE pour l’histoire de notre ville. Son seul regret sera de ne pas avoir su convaincre les élus locaux de l’organisation d’un festival de musique boulonnaise qui aurait mis en valeur la richesse et la variété musicale de notre petite province (P. A. Monsigny, J. Mouton) que les musiciens de notre ville ignorent souvent. Selon sa volonté, il a légué l’ensemble de sa riche collection d’ouvrages, documents de recherche et instruments de musique à la Bibliothèque et au service des archives de la ville de Boulogne sur mer, qui pourront constituer ainsi un fonds Michel LEFEVRE accessible à tous.

Stéphane THIRIAT