samedi 10 février 2018

Ghislain Gouwy - Miserere Vlaanderen

mise à jour 10 février 2018 : j'apprends le décès de Ghislain ce jour ICI
un hommage ICI
Hommage par France3 ICI







Faire-part



Ghislain Gouwy (1937-2018), Marieken van Damme - Miserere Vlaanderen - 198?





01-Nostra
02-Haria - Caria
03-Memoria
04-Chant Ve
05-Je t'aimerai dans le roulis des orgues
06-Chant Ve
07-Miserere Vlaanderen
08-Requiem pour un oiseau
09-Les fabriques se sont tues
10-L'absence
11-La marche du printemps

Ghislain Gouwy : récitant
Marieken van Damme : récitante

Katrien Delavier : harpe celtique, flûte traversière
Claude About : chant
Gérald Ryckeboer : bouzouki, flûte, cistre, guitare, cornemuses
William Schotte : violoncelle, synthétiseur
Patrice Heuguebart : accordéon chromatique
Raymond Declerck : harmonica
François Vanhove : guitare
Michel Gossart : orgues


Entretien avec Ghislain Gouwy en 2008


Calligraphie : Joke van den Brandt
Illustrations : Frank-Ivo van Damme


Téléchargez ici

202 téléchargements au 1/6/2013

samedi 3 février 2018

Hippolyte Bertrand, chansonnier populaire dunkerquois


dessin de Chatel, Nord Maritime 1891


Un matin froid, ce 15 mars 1902, le corbillard se met en route et quitte l'église Saint-Eloi. Le cortège longe la place Jean-Bart, emprunte la rue Nationale et se dirige tout droit par la rue de Beaumont vers la rue de Furnes. Il traverse le pont puis tourne à gauche vers le cimetière communal. Il n'y a pas foule dernière le cercueil. En tête, le prêtre puis quatre croque-morts, suivent cinq hommes et quatre femmes. Parmi eux Gaspard Chitroutre, fils du directeur du Nord Maritime, et Francis Du Bois journaliste au même journal, qui rapporteront dans leurs pages ce petit évènement local : l'enterrement d'un humble, l'enterrement d'Hippolyte Bertrand, chansonnier dunkerquois. Le journal l'avait prédit la veille, si tous ceux qui ont fredonné ses refrains devaient suivre son convoi, le chanteur aurait des funérailles princières ; mais hélas il n'en sera pas ainsi et il est bien probable que bien peu de personnes suivront le corbillard des pauvres, conduisant à sa dernière demeure celui qui a su plaire et faire rire.

Rien ne prédestine Hippolyte a devenir chansonnier ambulant. Né en 1830 à Dunkerque, fils et petit-fils de forgerons installés à Dunkerque depuis le XVIIIe siècle, il exerce les professions de boulanger, journalier, peintre pendant un quinzaine d'années. Ses deux épouses meurent jeunes, la première Marie Fasquelle, lui donne six enfants, dont une survit. Après son décès en février 1864, il épouse Henriette Tacheux deux mois plus tard. Elle décède en 1866, quelques mois après un accouchement. Hippolyte quitte Dunkerque pour Lille et rencontre Marie Colin qu'il épouse en 1869, huit mois après son installation au 10 rue des Etaques. L'acte de mariage mentionne sa nouvelle profession, musicien ambulant. Son épouse, née à Plombières en 1846 exerce le même métier et est domiciliée à la même adresse. Elle est la fille d'un marchand de chansons ambulant et d'une musicienne ambulante qui demeurent à Metz et qui sillonnent l'Est de la France. Cette rencontre sera un tournant dans sa vie. L'année suivante il déclare la profession de colporteur, puis de colporteur d'imprimés et enfin en 1884 il se dit poète-chansonnier, il est témoin au mariage de sa nièce Léonie, à Annezin (62) avec Alphonse Seulin, colporteur de journaux. En 1886 il est de retour à Dunkerque, rue Sainte Barbe, il déménage pour la dernière fois en 1891 pour la rue Royale, où il meurt au n°15, le 12 mars 1902.

Grace à la presse nous connaissons une partie de son activité de chansonnier à Dunkerque. J'ai relevé une mention dès février 1883 : une polémique est révélée par Le Nord Maritime, à propos d'une chanson de carnaval intitulée Vanhel il est mort, un lecteur est scandalisé que l'on puisse "inventer une chanson sur une mort récente". La chanson n'a pas laissé d'autres traces. En janvier 1891, c'est un fait divers qui offre l'occasion, à Bertrand, de composer un succès. Le Nord Maritime se fait écho des aventures de la fille à Pothiau [sic], une prostituée boulonnaise qui a délesté un client de son porte feuille pour faire la fête avec ses amis. Cette fois le journal publie un couplet et le refrain

Revenant de son voyage
Qu’elle venait d’faire à Bordeaux
Avec elle tout l’équipage
Avait rigolé comme il faut
Car à chaque matelot
Elle prêtait ses sabots
Ils avaient de l’agrément
A la faire sauter tout le temps
Et plein comme des tonneaux
Ils entonnaient le morceau.

Refrain
C’est la fille à Pothiau
Qui revient de Bordeaux
Elle a tombé à l’eau
C'est rigolo ! c'est rigolo


Toute la bande est arrêtée, jugée et condamnée à la prison en juillet 1891 : Augustin Larcher, 3 ans ; François Douchy, 3 ans ; Gustave Brabant, 6 mois ; Augustin Douchy, 4 mois ; La fille Eugénie Delporte (dite Pothio), 2 mois ; Eugénie Renaud, 10 jours ; Léonie Blanckaert, 10 jours ; Louise Douchy, 2 mois ; Gabrielle Larcher, 2 mois. De plus, le tribunal a prononcé la relé­gation pour Augustin Larcher et François Douchy.


Le Petit Bazar, A. Bécarmin, place Jean-Bart


On n'a pas d'autre mention de son activité de chansonnier au cours de cette année dans la presse. Sauf à partir d'octobre, quand le journal publie le dessin qui est au début de cette page, accompagné d'un article où l'on apprend que Hippolyte a déjà écrit et chanté plusieurs chansons : l’Armée du salut, le Petit Bazar dunkerquois, Hommage au 110e, le Tambour major du Reuze, les Tramways dunkerquois, Notre-Dame des Dunes, L’explosion de Coudekerque Branche, Dunkerque en Carnaval, la Résurrection de Bertrand. Par la suite le Nord Maritime annonce régulièrement ses œuvres nouvelles et ses prestations sur la place Jean-Bart, devant le Petit Bazar, avec son épouse, son parapluie rouge et son chien. Son activité n'est pas réduite à la période du carnaval. Toute l'année il écrit sur des sujets d'actualité, des faits divers. En 1891 c'est le passage du Tsar, puis l'arrivée de l'eau de Houle et le martyr d'un enfant qui sont le sujet d'une chanson. En 1892 la scie du carnaval est A la tienne mon vieux, toujours chantée actuellement. Durant toute l'année le couple écrit, se produit et vend ses chansons, ils ne se déplacent plus hors de Dunkerque, aussi ressentent-ils durement la concurrence des jeunes chanteurs ambulants. H. Bertrand s'en plaint dans une lettre envoyée au Maire  :


source : Archives municipales Dunkerque


Leur activité se poursuit jusqu'en février 1897, lorsque son épouse décède ; le chansonnier, dans l'incapacité de chanter seul, se retrouve sans revenu. Déjà en janvier, pour leur venir en aide, le Nord Maritime avait lancé une souscription auprès du personnel de l'imprimerie et du journal qui a rapporté 8 francs. En août la chanteuse parisienne Eugénie Buffet, qui se produit au Kursaal, organise un concert improvisé en plein air, sur la place du Kursaal et récolte 42 francs pour le vieux chansonnier, mais Hippolyte doit rentrer à l'hôpital, il y meurt le 12 mars 1902.


"Eugénie Buffet et sa troupe" Paris 1895, Le Monde Illustré
collection personnelle


Quelques années plus tard, des Dunkerquois se souviennent du chansonnier et lui rendent hommage. Le cabaret dunkerquois du Peudre d'Or organise un Festival Bertrand, le 30 mars 1905, dans les salons du Café Georges. Les chansonniers Eugène Gervais, Juleux et Noël Timelogh y interprètent des productions d'Hippolyte Bertrand. En 1907, l'Union Chorale organise dans son local une soirée consacrée au chansonnier, on y chante ses œuvres ainsi que deux compositions de circonstance : Hommage à Bertrand et Mémoire d'Outre Tombe. Des hommages sans doute un peu tardifs. Il faudra  attendre plus de 60 ans pour que, grâce à Jean Denise et ses études sur les chansons du carnaval, Dunkerque se rappelle de l'existence de ce chansonnier et qu'on publie quelques chansons sauvegardées par des collectionneurs.


Christian Declerck

Sources : Le Nord Maritime, L'Avenir de Roubaix-Tourcoing, La Flandre, Le Courrier Dunkerquois, état civil, recensements, Annuaire de Dunkerque.



exemples de feuilles volantes vendues par H.  Bertrand
collection personnelle



Inventaire
Les chansons recensées : en gras celles dont on a les paroles ou un extrait, sont exclues celles dont on n'a aucune trace du vivant de H. Bertrand et qui lui ont été attribuées.

- A la tienne mon vieux, scie carnavalesque pour 1892 (1892)
Allume-toi ma cigarette, musique de William LÉVY (sd)
Amoureux et tourterelles (1892)
- Les artistes nitrateurs, suite au Petit Panama, air La Belle Poissonnière
As-tu connu Manotche (Manootje) (?)
Au pays des fruits d’or(1891)
Une aventure du carnaval (1891)
La batelier amoureux, air La Belle Poissonnière (sd)
La belle aux coupons à bon marché, air Un p’tit nez long comme ça (1894)
Bonsoir Ninon (1892).
Le boucher et la boulangère, air Ça ne va guère (1894)
- Carnaval 1894, air la Ronde des matelots (1894)
Le carnaval de Dunkerque, air du Bataillon joyeux (sd)
Carnaval de Dunkerque 1893 ou le pot aux roses, air Elle est en or (1893)
Le carnaval de Dunkerque 1895, air Fou d’amour !1895)
La course pédestre (1892)
Dernier bouquet (1891)
La dévaliseuse de saucissons à la halle, air La belle poissonnière (1894)
Le Douanier (1894)
Les droits de l’homme (1892)
Dunkerque en carnaval (1891)
L’eau de Houlle, air La marche des commis voyageurs (1891)
Elle est en or ou Elles sont en or ou Il est en or (1892)
L’employé d’octroi (1894)
L’enfant martyr de Cappelle, air de L’orpheline de Paris (1892)
Les enfants de Moscou (1892)
Les enfants martyrs (1891)
Les étrennes de Jeanne (1892)
Les exploits d’une cartomancienne, air La fiancée du matelot
La fédération (1892)
La fille à Liza (l’Influenza) (1892)
La fille à Pothio (1891)
Le fraudeur des sous de la Plata, air Le Douanier (sd)
Gentils pinsons d’amour ou Chantez gais pinsons (1894)
Hommage au 110e (1891)
Hommage au Général Duchesne, air Sambre et Meuse (1896)
Hymne Franco-Russe (1891)
- L’incendie de Coudekerque-Branche, air Nos baisers de vingt ans (1891)
Jeanne d’Arc ou la pucelle d’Orléans (1894)
Joséphine elle est malade (1890)
La laitière de Coudekerque dans l’embarras, air Elle est en or
La leçon de natation, air L’aspirant de marine (1892)
Ma charmante Rosalie (1892)
La marche des farceurs (1891)
La Marie Bataillon de Bergues (1892)
Les mésaventures d’une marchande de beurre (1892)
Nos pêcheurs à Notre-Dame des Dunes, paroles de Mme Bertrand (1891)
Oh la pau… vre fille (1894)
Les oiseaux (1892)
Les oiseaux de la Lorraine (1892)
Ous qu’est St Nazaire, air très en vogue (1893)
Pauvre enfant martyr, air Pauvres amoureux (1896)
Le pauvre lacolique (1894)
Le petit bazar dunkerquois (1891)
Le petit naufragé ou la prière du mousse (1892)
Le petit Panama ou le nitrate en détresse, air Jules et Thomas (sd)
La petite Jeanne ou l’enfant martyr de Saint-Pol-sur-Mer, air Toujours Française (1894)
La petite souffre douleur (1892)
Quand on est saoul on va se coucher (1892)
Les quatre sergents de La Rochelle (1892)
La résurrection de Bertrand (1891)
Le retour des beaux jours (1894)
La revanche des femmes (1892)
Rossignol d’Alsace (1892)
Si les filles savaient ! air Si les hommes savaient (1892)
Le tambour major du Reuze (1891)
Le terrible crime de la basse-ville (1896)
- Le tram-car de Dunkerque à Rosendael, air Eh, Camus (1894)
Les tramways dunkerquois (1891)
La valse de la charcuterie (1892)
La valse des mollets (1892)
Vanhelle il est mort (1883)
La veuve de Belfort (1892)
Violette, romance (1892)
Vive la Russie (1893)
Vivent les enfants de Jean Bart (1874)
Le vol de la veuve (1892)


Les textes des chansons sont à la fin du recueil des chansons d'Eugène Gervais ICI




samedi 27 janvier 2018

Jean Dhondt, fabricant d'épinette





Dans cet instrument, tout est vraiment trop simple : caisse de résonance en contre plaqué, ouïes en cercles, mécaniques de type récent, notes et chiffres tapés à la machine… Désespérant… Oh il y a bien le chevillier ; nous n'en connaissons pas d'autre ayant ce profil. Et puis la fixation des cordes : des pointes situées sous l'instrument…
Patrick Delaval, l'Epinette du Nord, Hazebrouck, 1997, page 46.



dessins de Patrick Delaval



L'exhumation de notes et d'un brouillon d'article, écrits il y a 30 ans en vue d'une publication dans la revue Le Tambourineur (qui cessa de paraître quelques semaines plus tard) me donne l'occasion de faire le point sur ce fabricant/revendeur de Lille.
Jean Henri Dhondt (son patronyme s'écrit D'HONDT pour l'état civil) est né à Moulins-Lille, en 1858, de parents belges : le père est originaire de Stekene, près d'Anvers, et la mère d'Oosterzeele, près de Gand. Jean Dhondt fonde son magasin d'instruments de musique en 1888, situé d'abord 146 rue d'Arras il déménage en 1904, 32 rue Saint Genois près de la gare de Lille. C'est à cette adresse qu'est mentionnée l'activité de fabrique d'épinettes, sur une carte publicitaire avec son portrait en pied. Mais nous ne connaissons pas ces instruments, à quoi ressemblaient-ils ? qui les fabriquaient ? et où ? des questions qui resteront sans réponse, je le crains. Le magasin déménage en 1909 pour le 139-141 rue de Paris. Après guerre la dénomination devient Vercruysse et Dhondt (Cyrille Vercruysse et Oscar Dhondt), plus d'infos sur cette maison ICI.

Carte publicitaire, collection personnelle

En plus de son commerce, Jean Dhondt dirige la fanfare l'Union du Nord de Moulins-Lille et le club cithariste et mandoliniste Les Dantès de Moulins-Lille, comme nous l'indiquent les Annuaires des Artistes des années 1903-1905.
Le couple D'hondt-Van Dorpe a eu 5 enfants, trois ont survécu et sont devenus musiciens :
- Jeanne Mélanie Joséphine (1886-1935) obtient un 1er prix de solfège au Conservatoire de Lille en 1904, elle est référencée dans l'Annuaire des Artistes comme professeur de solfège, de piano, de mandoline et de cithare. Elle épouse Cyrille Vercruysse en 1911. 
- Virginie Julie (1889-?) 1er prix de piano en 1904, enseigne aussi le solfège, le piano, la mandoline et la cithare, elle épouse Alfred Dutilleul en 1914 et quitte sa région pour Paris.
- Oscar Henri (1891-1950) obtient deux 1er prix en 1910 : solfège et trombone, il épouse Julienne Parmentier en 1919 et reprend le commerce de ses parents avec son beau-frère.



extrait de tarif de la maison Vercruysse et Dhondt non daté
collection personnelle



Roger Dauchelle dans son atelier,
source : Nord-Martin du 25/7/1958

Vers 1985, j'ai été en contact avec Roger Dauchelle (1911-1993) ancien employé de la Maison Vercruysse et Dhondt, de 1925 à 1964. Quand il est entré dans ce commerce, il y avait 4 ouvriers dans l'atelier, puis 7 en 1935, qui ne faisaient que des réparations d'instruments de musique, tous sauf le piano. M. Dauchelle se souvient d'avoir monté des épinettes à son arrivée chez Vercruysse. Les instruments arrivaient par caisse de 100, il ne se souvient plus si elles venaient de Paris (Thibouville-Lamy) ou plus probablement des Vosges (Louis Patenotte). Il montait sur l'instrument brut les mécaniques, les frettes, la plaque de zinc et les cordes. Il se souvient que l'instrument était appelé épinette du Nord, qu'elles se vendaient très bien, environ 400 par an, elles étaient achetées par les ouvriers et surtout les mineurs. La fabrication cessa vers 1930, la mode étant passée au violon. Mais il arriva souvent à M. Dauchelle, ainsi qu'à son collègue et successeur, Jean Boerez, d'en réparer, recoller et accorder. La dernière épinette que M. Boerez a vue à l'atelier c'était vers 1975. Toutes ces épinettes ont disparu, il semble qu'une seule ait survécu, voir le plan au début de la page.


1975, c'est de cette époque que date le renouveau de la pratique de l'épinette dans la Région, est-ce une coïncidence ? A peu près à la même époque, j'ai commandé mon épinette à Jan Van De Putte à Courtrai pour en jouer avec Marieke en Bart (Marieke voulait absolument l'appeler vlier). Puis des ateliers de pratique se sont ouverts, des rencontres entre musiciens ; parmi les premiers, j'ai le souvenir de celui de la MJC de Rosendael, à Dunkerque, animé par Jacques Leininger, et de celui de la Maison de Danse à Fives-Lille, animé par Christophe Declercq. C'est le début d'une nouvelle vie pour cet instrument, la suite de cette aventure pourrait faire l'objet d'un autre article, à bon entendeur…

Christian Declerck
Sources : état civil, généalogie C. Cartigny, Annuaire des artistes, Nord-Matin, Annuaire Ravet-Anceau, entretien avec R Dauchelle.

mon épinette Van De Putte




l'atelier de la Maison de Danse à Fives
photos C. Declerck

samedi 20 janvier 2018

Gérard Fournier, compositeur à Achicourt

mise à jour des liens

Au début du siècle à Achicourt, un jeune musicien amateur se fait éditeur de musique "sans droit d'auteur". Auguste Gérard Fournier, est né à Le Transloy, au sud de Bapaume, en 1869. Ses parents sont originaires de la Somme, toute proche, son père, Démosthène, est fileur de soie et sa mère, Elisabeth Lépine, est dévideuse.




Sa fiche matricule nous donne quelques repères sur son parcours. Il est employé de commerce lors de la conscription, puis il s'engage à Arras en 1888, dans le 32e régiment de génie. Il y est soldat musicien le 28 septembre 1889. Après son service militaire, il est employé dans les mines à Hénin Liétard, puis à Drocourt. Il arrive à Achicourt en 1900. En 1911 il est domicilié 23 rue des Arbretz, son emploi indiqué sur le recensement : comptable chez l'imprimeur arrageois Reppesé-Cassel. Il épouse Eudoxie Hermance Dehay à Achicourt en 1895, ils ont une fille un mois plus tard, Eudoxie, qui nait chez sa tante. Dernière indication sur la fiche, son déménagement à Aubrometz en 1915 et sa participation à la guerre pendant quelques mois avant une réforme dont la cause n'est pas précisée, ensuite on perd sa trace. Sa fille décède à Achicourt en 1983.




Il a publié plusieurs petits recueils de ses compositions de musique de danse, sans droit d'auteur. J'en possède quatre différents. Une collection appelée "L'Ami des petits orchestres", dont j'ai la 5e série (piston et basse), la 7e série (piston et trombone) et la 8e série (trombone et basse). Elles étaient arrangées pour orchestre de 5 ou 6 instruments : 1er piston Sib, 1er bugle ou clarinette Sib, baryton Sib, trombone Ut, basse Sib et violon ou flûte Réb. Une autre collection est appelée "La Lyre Artésienne", je possède la 2e série, pour instrument solo, le piston en Sib. La BNF conserve un exemplaire de la série "Petits Orchestres" quelle date de 1900 et 1906.

Christian Declerck

les PDF :

La Lyre Artésienne, 2e série ICI
- Vive la classe (la fuite), polka
- Fleur de printemps, scottich [sic]
- Rose d'amour, mazurka
- Troublante, valse
- Joyeux flirt, polka
- Javotte, scottich
- Belle Ninon, mazurka
- Valse des maraichères
- Freluquette, polka
- Valsons encore
- Les gas de Rivière*, quadrille
- Captivante, valse
- Les guignols, polka-marche
- La demi-mondaine, scottich

* commune située au sud d'Arras, près de Beaumetz les Loges



L'Ami des petits orchestres, 5e série, 1er piston Sib ICI
- Bapaume-Le Transloy, pas redoublé
- Le frondeur, quadrille 
- L'Arrageoise, polka
- Polka des bleus
- Chichinette, polka
- Le forgeron de la paix, polka imitative
- Amour et tendresse, schottisch
- Fanfaronnette, schottisch
- L'Angevine, schottisch
- Badinage, schottisch
- Caresse d'ange, valse pour trombone
- Carmencita, valse espagnole
- Vieille amitié, valse
- Idyle villageoise, valse
- Dans la plaine, valse
- Celle de grand'père, mazurka
- Une soirée à Baudimont*, mazurka
- Catherinette, mazurka
- La gouïne [sic], polka pour piston

* quartier d'Arras